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    Amortissements en Suisse : taux admis et méthodes de calcul 2026

    Taux d'amortissement admis, méthode linéaire ou dégressive : le guide complet pour amortir un investissement dans les règles en Suisse.

    Équipe MyBills8 min de lectureGenève, Suisse

    Les amortissements en Suisse représentent l'une des écritures comptables les plus déterminantes pour la santé financière d'une PME, et pourtant elles restent mal comprises par de nombreux indépendants et dirigeants. Amortir un investissement, ce n'est pas seulement une formalité comptable : c'est un levier fiscal légal qui permet d'étaler la perte de valeur d'un bien sur plusieurs exercices tout en optimisant votre charge d'impôt. Encore faut-il connaître les taux d'amortissement admis par les autorités fiscales et choisir la bonne méthode de calcul. Ce guide fait le point, avec des exemples concrets adaptés à la réalité genevoise et romande.

    Qu'est-ce qu'un amortissement et pourquoi est-il obligatoire ?

    Un amortissement comptabilise la diminution de valeur d'un actif immobilisé (machine, véhicule, ordinateur, mobilier, installation) en raison de son usure, de son utilisation ou de son obsolescence technique. D'un point de vue légal, le Code des obligations (art. 960a CO) exige que les actifs soient évalués à leur juste valeur et corrigés par des amortissements réguliers si leur valeur diminue.

    Concrètement, l'amortissement remplit trois fonctions :

    • Refléter la réalité économique de l'entreprise dans les comptes annuels.
    • Répartir la charge d'un investissement sur sa durée d'utilisation réelle plutôt que de la faire peser entièrement sur un seul exercice.
    • Réduire le bénéfice imposable de manière légale, dans les limites des taux admis par l'administration fiscale.

    Un amortissement mal calculé (trop élevé ou totalement absent) peut être requalifié lors d'un contrôle fiscal, avec à la clé un redressement. C'est pourquoi il est essentiel de s'appuyer sur les barèmes officiels plutôt que sur une estimation approximative.

    Les taux d'amortissement admis par l'administration fiscale

    En Suisse, les taux d'amortissement admis sont publiés par l'Administration fédérale des contributions (AFC) dans des notices spécifiques selon les secteurs d'activité. Ils varient selon que l'on applique la méthode linéaire (sur la valeur d'acquisition) ou la méthode dégressive (sur la valeur comptable résiduelle). À Genève, l'Administration fiscale cantonale applique en général les mêmes barèmes que la Confédération.

    Voici un aperçu des taux les plus couramment utilisés pour les actifs mobiliers d'une PME :

    Type d'actifTaux linéaire (valeur d'acquisition)Taux dégressif (valeur résiduelle)
    Machines et outillage de production10 % à 20 %20 % à 40 %
    Mobilier de bureau12,5 %25 %
    Matériel informatique (hardware)33 % à 40 %40 % à 80 %
    Logiciels et software33 % à 40 %40 % à 80 %
    Véhicules utilitaires et voitures de tourisme20 % à 25 %40 %
    Installations et agencements8 % à 10 %15 % à 20 %
    Immeubles commerciaux (bâtiment, hors terrain)3 % à 4 %6 % à 8 %

    Ces fourchettes sont indicatives : le taux exact dépend de la nature précise du bien et de la pratique cantonale. En cas de doute, il est recommandé de consulter les notices de l'AFC ou votre fiduciaire avant de fixer un taux dans vos comptes.

    Cas particulier des petites entreprises et des indépendants

    Les indépendants et micro-entreprises tiennent souvent une comptabilité simplifiée. Cela ne dispense toutefois pas de comptabiliser correctement les amortissements sur les biens durables (véhicule professionnel, matériel, agencements). Si vous démarrez tout juste votre activité, notre article sur la comptabilité indépendant Suisse pour la tenir seul détaille comment intégrer ces écritures dans une gestion autonome.

    Amortissement linéaire ou dégressif : quelle méthode choisir ?

    La méthode linéaire

    L'amortissement linéaire répartit la perte de valeur de manière constante sur toute la durée d'utilisation du bien. La formule est simple :

    Amortissement annuel = Valeur d'acquisition / Durée d'utilisation (ou × taux linéaire admis)

    Exemple : une machine achetée 50 000 CHF, amortie linéairement à 20 % par an, génère une charge annuelle de 10 000 CHF pendant 5 ans, jusqu'à valeur nulle (ou valeur résiduelle si prévue).

    Avantages :

    • Charges prévisibles et stables d'année en année.
    • Lecture simple pour le pilotage budgétaire.
    • Adapté aux actifs dont l'usure est régulière (mobilier, agencements).

    La méthode dégressive

    L'amortissement dégressif applique un taux fixe non pas sur la valeur d'acquisition, mais sur la valeur comptable résiduelle de l'exercice précédent. La charge est donc plus élevée les premières années, puis décroît progressivement.

    Exemple : la même machine à 50 000 CHF, amortie à 40 % dégressif :

    • Année 1 : 50 000 × 40 % = 20 000 CHF → valeur résiduelle 30 000 CHF
    • Année 2 : 30 000 × 40 % = 12 000 CHF → valeur résiduelle 18 000 CHF
    • Année 3 : 18 000 × 40 % = 7 200 CHF → valeur résiduelle 10 800 CHF

    Avantages :

    • Optimisation fiscale plus rapide, utile lors d'un exercice bénéficiaire important.
    • Reflète mieux la perte de valeur réelle de certains équipements technologiques qui se déprécient vite.
    • Permet de lisser le résultat imposable en période de forte croissance.

    Comment trancher ?

    Le choix dépend de votre stratégie fiscale et de la nature du bien :

    • Optez pour le linéaire si vous recherchez de la stabilité et une lecture simple de vos charges.
    • Optez pour le dégressif si vous souhaitez réduire rapidement votre bénéfice imposable les premières années suivant un investissement important.
    • Une fois la méthode choisie pour un actif, elle doit rester constante dans le temps (principe de permanence des méthodes), sauf justification particulière.

    Comment amortir un investissement : étapes pratiques

    Pour amortir un investissement correctement, suivez cette démarche :

    1. Identifiez la nature du bien (mobilier, machine, véhicule, immatériel) afin de déterminer le taux admis applicable.
    2. Déterminez la valeur d'acquisition, TVA comprise ou hors TVA selon votre statut d'assujetti (si vous récupérez l'impôt préalable, voir notre guide sur la récupération de l'impôt préalable TVA).
    3. Choisissez la méthode : linéaire ou dégressive, en cohérence avec votre politique comptable.
    4. Comptabilisez l'écriture : débit du compte « Amortissements » (charge), crédit du compte de correction de valeur de l'actif concerné.
    5. Documentez le calcul dans un tableau d'immobilisations, à conserver avec vos pièces comptables (obligation de conservation de 10 ans en Suisse).
    6. Réévaluez chaque année lors du bouclement, en intégrant les nouveaux investissements et les sorties d'actifs.

    Cette dernière étape s'inscrit naturellement dans le processus annuel de clôture : notre article sur le bouclement comptable en Suisse, étapes et check-list reprend l'ensemble des tâches à ne pas oublier, amortissements inclus.

    Amortissements et lecture des états financiers

    Les amortissements impactent directement deux documents clés de vos comptes annuels :

    • Le compte de résultat, où ils apparaissent comme charge d'exploitation, réduisant le bénéfice net.
    • Le bilan, où ils diminuent la valeur comptable des actifs immobilisés au fil des années.

    Comprendre cette mécanique est essentiel pour analyser correctement la santé financière de votre entreprise. Si ces notions restent floues, notre guide bilan et compte de résultat, les comprendre pour votre PME vous aidera à faire le lien entre amortissements et pilotage financier global.

    Simplifier la gestion des amortissements avec un bon outil

    Tenir un tableau d'amortissements à jour, appliquer les bons taux et générer automatiquement les écritures comptables chaque fin d'exercice peut vite devenir chronophage, surtout pour un indépendant ou une petite PME sans service comptable dédié. C'est précisément l'un des points forts d'un logiciel de comptabilité suisse comme MyBills : la solution permet de suivre vos immobilisations, de calculer automatiquement les amortissements linéaires ou dégressifs selon les taux admis, et de générer les écritures directement dans votre comptabilité, sans ressaisie manuelle. Pour les fiduciaires qui gèrent de nombreux dossiers clients, MyBills propose également des fonctionnalités dédiées permettant de centraliser le suivi des immobilisations de plusieurs mandats.

    Points de vigilance à Genève

    Quelques particularités méritent une attention particulière pour les entreprises genevoises :

    • L'Administration fiscale cantonale genevoise (AFC-GE) peut demander la justification détaillée du tableau d'amortissements en cas de contrôle, en particulier pour les véhicules de tourisme (souvent limités en valeur admise si usage mixte privé/professionnel).
    • Les amortissements immédiats et extraordinaires (par exemple pour un bien devenu obsolète ou détruit) doivent être justifiés par un document explicite et ne pas être confondus avec un amortissement ordinaire.
    • Pour les biens immobiliers commerciaux, la distinction entre la valeur du terrain (non amortissable) et celle du bâtiment (amortissable) doit impérativement figurer dans vos documents comptables.

    Conclusion : un amortissement bien calculé, un atout fiscal réel

    Maîtriser les taux d'amortissement admis et choisir la bonne méthode entre linéaire et dégressif n'est pas un détail technique réservé aux experts-comptables : c'est un véritable outil de gestion qui influence votre résultat, votre trésorerie et votre charge fiscale année après année. Que vous soyez indépendant, artisan ou dirigeant de PME à Genève, prenez le temps de documenter chaque investissement et d'appliquer les barèmes en vigueur pour éviter tout risque de redressement. Pour automatiser ce travail et gagner un temps précieux à chaque clôture, testez MyBills et découvrez comment un logiciel de facturation suisse complet peut aussi simplifier le suivi de vos immobilisations et de votre comptabilité au quotidien.

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    Questions fréquentes

    Ce qu’il faut retenir

    Quel est le taux d'amortissement admis pour du matériel informatique en Suisse ?

    L'administration fiscale admet généralement un taux de 33 % à 40 % en linéaire, ou jusqu'à 80 % en dégressif, compte tenu de l'obsolescence rapide du matériel informatique. Il est conseillé de vérifier le barème précis applicable dans votre canton avant de le fixer dans vos comptes.

    Peut-on changer de méthode d'amortissement en cours de route ?

    Le principe de permanence des méthodes impose de garder la même méthode pour un actif donné une fois qu'elle est choisie. Un changement est possible mais doit rester exceptionnel et être justifié dans l'annexe des comptes annuels.

    Un amortissement peut-il rendre un actif comptablement nul avant la fin de sa durée réelle d'utilisation ?

    Oui, notamment avec la méthode dégressive qui tend asymptotiquement vers zéro sans jamais l'atteindre totalement. Dans la pratique, on procède souvent à un amortissement final complet lorsque la valeur résiduelle devient négligeable.

    Faut-il amortir un bien acheté en fin d'année ?

    Oui, mais généralement au prorata temporis du nombre de mois d'utilisation durant l'exercice, sauf règle simplifiée admise par certaines fiduciaires appliquant un amortissement pour demi-année ou année pleine selon la date d'acquisition.

    Les amortissements extraordinaires sont-ils traités différemment des amortissements ordinaires ?

    Oui, un amortissement extraordinaire, lié par exemple à une perte de valeur imprévue ou à la destruction d'un bien, doit être justifié séparément et documenté distinctement, car il n'obéit pas aux taux ordinaires admis par l'AFC.