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    Capital social Sàrl ou SA : versement et libération en Suisse

    Capital minimum, compte de consignation, libération partielle ou totale : tout comprendre sur le versement du capital social d'une Sàrl ou SA en Suisse.

    Équipe MyBills8 min de lectureGenève, Suisse

    Le capital social Sàrl SA est l'une des premières questions concrètes que se posent les entrepreneurs genevois au moment de constituer leur société. Combien faut-il déposer ? Sur quel compte ? Peut-on ne libérer qu'une partie de la somme ? Ces questions, en apparence techniques, conditionnent pourtant tout le calendrier de création d'entreprise. Un versement mal préparé peut retarder l'inscription au registre du commerce de plusieurs semaines. Voici un guide clair, à jour pour 2026, pour comprendre le montant exigé, le rôle du compte de consignation et les règles de libération du capital selon que vous optez pour une Sàrl ou une société anonyme.

    Capital social : quel montant selon la forme juridique

    Le droit suisse fixe des montants minimaux différents selon la forme de société choisie. Ce choix a d'ailleurs des conséquences bien au-delà du capital : fiscalité, responsabilité, image auprès des partenaires. Si vous hésitez encore entre les deux structures, notre comparatif raison individuelle ou Sàrl à Genève peut utilement compléter cette lecture, tout comme notre article dédié à la création d'une Sàrl à Genève avec un capital de 20 000 CHF.

    Forme juridiqueCapital minimumLibération minimale exigéeValeur nominale des parts/actions
    Sàrl20 000 CHF100 % (intégralement libéré)Min. 100 CHF par part sociale
    SA100 000 CHF50 000 CHF (50 %) ou 100 %Min. 0.01 CHF par action
    SA (apports en nature uniquement)100 000 CHF100 %

    Pourquoi cette différence entre Sàrl et SA

    La Sàrl doit être entièrement libérée dès sa constitution : les 20 000 CHF doivent être effectivement versés avant l'inscription au registre du commerce. La SA, en revanche, offre une souplesse : il est possible de ne libérer que 50 % du capital-actions (soit 50 000 CHF minimum sur 100 000 CHF), le solde restant exigible ultérieurement, sur décision du conseil d'administration. Cette flexibilité explique pourquoi certains entrepreneurs préfèrent la SA malgré un capital nominal plus élevé. Pour approfondir les spécificités du capital-actions, consultez notre article sur la création d'une SA en Suisse et ses formalités de capital.

    Le compte de consignation : rôle et fonctionnement

    Le compte de consignation est l'outil central du processus de libération. Il s'agit d'un compte bancaire spécial, ouvert au nom de la société « en formation », sur lequel les fondateurs versent le montant du capital avant l'inscription au registre du commerce.

    Comment ouvrir un compte de consignation

    • Choisir une banque acceptant ce type de compte (la plupart des banques suisses le proposent : UBS, PostFinance, banques cantonales, banques en ligne).
    • Fournir les statuts provisoires, le procès-verbal de constitution et les pièces d'identité des fondateurs.
    • Effectuer le virement du montant exact du capital (ou de la part à libérer pour une SA).
    • Obtenir une attestation bancaire de dépôt du capital, document indispensable pour le notaire et le registre du commerce.
    • Le compte reste bloqué jusqu'à l'inscription officielle de la société.

    Une fois la société inscrite au registre du commerce, la banque débloque les fonds et les transfère sur le compte courant commercial définitif de l'entreprise. À Genève, ce processus prend généralement entre quelques jours et deux semaines selon la banque choisie et la réactivité de l'Office du registre du commerce.

    Points de vigilance

    • Certaines banques facturent des frais spécifiques pour l'ouverture d'un compte de consignation, parfois plusieurs centaines de francs.
    • Le montant versé doit correspondre exactement aux statuts : un écart, même minime, bloque le dossier.
    • Si la société n'est finalement pas inscrite (abandon du projet), les fonds sont restitués aux fondateurs, déduction faite des frais bancaires éventuels.

    Libération totale ou partielle : quelles implications pratiques

    Le cas de la Sàrl : libération intégrale obligatoire

    Pour une Sàrl, il n'existe pas d'option : les 20 000 CHF doivent être versés en totalité. C'est l'une des raisons pour lesquelles cette forme reste privilégiée par les indépendants et petites structures qui souhaitent limiter la complexité administrative tout en bénéficiant de la responsabilité limitée.

    Le cas de la SA : la libération partielle, un outil de trésorerie

    La SA permet de ne libérer que 50 000 CHF sur les 100 000 CHF de capital-actions minimum. Cette solution présente des avantages :

    • Elle limite l'immobilisation initiale de trésorerie des actionnaires.
    • Elle offre une marge de manœuvre si des besoins de fonds propres supplémentaires apparaissent plus tard (le solde peut être appelé par le conseil d'administration).
    • Elle n'empêche pas la société de fonctionner normalement : la responsabilité des actionnaires reste toutefois engagée jusqu'à due concurrence, y compris pour la part non libérée.

    En pratique, beaucoup de fondateurs préfèrent tout de même libérer 100 % dès le départ, car cela simplifie la présentation des comptes et rassure les partenaires bancaires ou les clients dans les appels d'offres.

    Apports en nature : une alternative au versement en espèces

    Le capital social ne doit pas nécessairement être versé en argent liquide. Il est possible d'apporter des biens (machines, véhicules, immeubles, brevets, voire une entreprise individuelle existante) en lieu et place d'un versement en espèces. Ce mécanisme, appelé apport en nature, impose toutefois des règles strictes :

    • Une évaluation précise des biens apportés, généralement documentée dans un rapport de fondation.
    • Dans certains cas, un réviseur agréé doit confirmer la valeur des apports.
    • Les apports en nature doivent être intégralement libérés dès la constitution, aussi bien pour la Sàrl que pour la SA.
    • Les statuts doivent mentionner précisément la nature de l'apport, sa valeur et son bénéficiaire.

    Cette solution convient particulièrement aux entrepreneurs qui transforment une raison individuelle en société : le fonds de commerce existant peut alors constituer tout ou partie du capital.

    Après la libération : bien gérer la comptabilité du capital

    Une fois la société inscrite et les fonds débloqués, le capital social apparaît au passif du bilan, dans les fonds propres. Il doit être suivi avec rigueur, notamment en cas d'augmentation ou de réduction ultérieure du capital, ou lors du calcul de l'impôt sur le capital dû chaque année à Genève — un point détaillé dans notre article sur l'impôt sur le bénéfice et le capital des sociétés à Genève.

    Dès les premiers mois d'activité, il est essentiel de mettre en place une comptabilité fiable pour suivre l'utilisation de ce capital de démarrage : achats d'équipement, frais de constitution, premières charges sociales. Un logiciel de comptabilité suisse comme MyBills permet de structurer dès le départ le plan comptable, d'enregistrer correctement les écritures liées au capital-actions ou aux parts sociales, et de préparer sereinement le premier bouclement. MyBills accompagne également les jeunes sociétés genevoises dans l'émission de leurs premières factures conformes, via un logiciel de facturation suisse intégré, dès que l'activité commerciale démarre.

    Calendrier type d'une constitution avec capital social

    Voici les grandes étapes chronologiques, telles qu'on les rencontre le plus souvent à Genève :

    ÉtapeDurée indicative
    Rédaction des statuts et choix de la forme juridique1 à 2 semaines
    Ouverture du compte de consignation et versement2 à 5 jours ouvrables
    Acte constitutif devant notaire1 jour
    Inscription au registre du commerce genevois5 à 10 jours ouvrables
    Déblocage des fonds et ouverture du compte courant2 à 5 jours ouvrables

    Ce calendrier peut varier selon la charge de l'Office du registre du commerce et la réactivité de la banque choisie.

    Conclusion : anticiper le versement pour démarrer sereinement

    Le versement et la libération du capital social ne sont pas de simples formalités : ils structurent la solidité financière de votre future Sàrl ou SA dès le premier jour. Choisir le bon montant, ouvrir à temps un compte de consignation, décider entre libération totale ou partielle pour une SA, ou envisager un apport en nature — chacune de ces décisions mérite d'être prise en connaissance de cause, idéalement avec l'appui d'une fiduciaire ou d'un comptable expérimenté. Une fois la société inscrite, la rigueur comptable doit prendre le relais : c'est là que des outils comme MyBills, pensés pour les PME et indépendants suisses, font toute la différence pour démarrer une activité sur des bases saines et conformes.

    Vous préparez la création de votre société à Genève ou ailleurs en Suisse romande ? Testez dès aujourd'hui MyBills pour organiser votre comptabilité, votre facturation et vos salaires dès le premier jour d'activité.

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    Questions fréquentes

    Ce qu’il faut retenir

    Quel est le capital minimum pour créer une Sàrl en Suisse ?

    Le capital minimum d'une Sàrl est de 20 000 CHF, et il doit être intégralement libéré avant l'inscription au registre du commerce. Il n'existe pas de possibilité de libération partielle pour cette forme juridique.

    Peut-on libérer seulement une partie du capital d'une SA ?

    Oui, pour une SA le capital-actions minimum est de 100 000 CHF mais il suffit d'en libérer 50 % (50 000 CHF) à la constitution, sauf en cas d'apports en nature qui doivent être libérés à 100 %.

    Qu'est-ce qu'un compte de consignation exactement ?

    C'est un compte bancaire bloqué ouvert au nom de la société en formation, sur lequel les fondateurs versent le capital social. Les fonds restent gelés jusqu'à l'inscription de la société au registre du commerce, puis sont transférés sur le compte courant définitif.

    Que se passe-t-il si la société n'est finalement pas créée ?

    Si l'inscription au registre du commerce n'aboutit pas, la banque restitue les fonds déposés sur le compte de consignation aux fondateurs, généralement après déduction des frais bancaires liés à l'ouverture du compte.

    Peut-on apporter des biens plutôt que de l'argent pour constituer le capital ?

    Oui, il est possible de faire un apport en nature (matériel, immeuble, fonds de commerce) à la place d'un versement en espèces, mais celui-ci doit être intégralement libéré et souvent évalué par un réviseur agréé.