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    Comptabilité recettes-dépenses simplifiée en Suisse : le guide

    Qui peut tenir une comptabilité recettes-dépenses en Suisse, comment s'y prendre concrètement, et quand passer à la comptabilité complète.

    Équipe MyBills7 min de lectureGenève, Suisse

    La comptabilité recettes-dépenses est la solution que beaucoup d'indépendants et de très petites entreprises suisses attendent : une tenue de comptes allégée, sans bilan complexe, qui suffit pourtant pleinement aux exigences légales pour une bonne partie des contribuables. On l'appelle aussi parfois, par référence à une pratique agricole historique, le « carnet du lait » — un simple registre où l'on note ce qui entre et ce qui sort. Mais qui a réellement le droit d'utiliser cette méthode ? Comment la tenir correctement pour éviter les mauvaises surprises lors d'un contrôle fiscal ? Cet article fait le point, avec des repères concrets pour Genève et la Suisse romande.

    Qu'est-ce que la comptabilité recettes-dépenses ?

    La comptabilité recettes-dépenses (aussi appelée « comptabilité simplifiée » ou « comptabilité en partie simple ») consiste à enregistrer chronologiquement :

    • les recettes encaissées (ventes, prestations, remboursements) ;
    • les dépenses payées (achats, loyer, assurances, matériel, frais professionnels) ;
    • accompagnées d'un état des actifs (comptes bancaires, caisse, débiteurs, stocks, immobilisations) et des dettes (créanciers, prêts) à la fin de l'exercice.

    Contrairement à la comptabilité commerciale en partie double, il n'y a pas d'écritures de débit/crédit sur des comptes multiples, pas de bilan intermédiaire obligatoire, et une gestion beaucoup plus proche de la trésorerie réelle. C'est une petite comptabilité pour indépendant au sens propre : rapide à mettre en place, compréhensible sans formation comptable poussée, et suffisante pour remplir sa déclaration fiscale.

    Le principe reste toutefois strict sur un point : chaque mouvement doit être justifié par une pièce (facture, quittance, relevé bancaire) et conservé pendant 10 ans, exactement comme en comptabilité commerciale complète.

    Qui a le droit de tenir une comptabilité simplifiée ?

    Le Code des obligations (art. 957 CO) fixe le seuil de manière claire. Sont dispensées de la comptabilité commerciale complète (bilan, compte de résultat, annexe) et peuvent se contenter d'une comptabilité recettes-dépenses :

    • les raisons individuelles et sociétés de personnes (société simple, société en nom collectif, société en commandite) dont le chiffre d'affaires est inférieur à 500 000 CHF par exercice ;
    • les associations et fondations non tenues de s'inscrire au registre du commerce, ou dispensées de désigner un organe de révision.

    En revanche, les Sàrl et SA doivent impérativement tenir une comptabilité commerciale complète en partie double, quel que soit leur chiffre d'affaires, en raison de leur forme juridique. Le choix de la structure a donc un impact direct sur la complexité comptable — un élément à intégrer dès la création de l'entreprise, par exemple lors de la réflexion sur le capital social d'une Sàrl ou d'une SA.

    Le cas particulier de l'indépendant à Genève

    À Genève, un grand nombre d'indépendants (consultants, artisans, professions libérales, activités accessoires) tiennent leur comptabilité en mode simplifié. L'administration fiscale genevoise l'accepte sans difficulté tant que le chiffre d'affaires reste sous la limite légale et que les documents sont complets et cohérents. Pour aller plus loin sur les obligations propres aux indépendants, notre guide complet de la comptabilité pour indépendant en Suisse détaille les démarches pas à pas.

    Comment tenir concrètement sa comptabilité recettes-dépenses

    Les documents indispensables

    Une comptabilité simplifiée bien tenue repose sur quelques piliers :

    • un journal des recettes (date, client, montant, mode de paiement, référence facture) ;
    • un journal des dépenses (date, fournisseur, montant, catégorie, pièce justificative) ;
    • un relevé des actifs et passifs en fin d'année (comptes bancaires, caisse, matériel, dettes, TVA due) ;
    • un classement rigoureux des pièces justificatives, papier ou numérique.

    Exemple de journal simplifié

    DateTypeDescriptionMontant CHFJustificatif
    03.01.2026RecetteFacture n°2026-001 – Client Dupont1'250.00Facture PDF
    08.01.2026DépenseAchat fournitures bureau89.50Ticket de caisse
    15.01.2026DépenseLoyer atelier janvier900.00Contrat de bail
    22.01.2026RecetteAcompte client Martin500.00Facture n°2026-002

    Ce format, tenu dans un tableur ou directement dans un logiciel, permet de suivre sa trésorerie en temps réel et de préparer facilement sa déclaration fiscale en fin d'exercice.

    Les erreurs fréquentes à éviter

    • Confondre encaissement et facturation : en comptabilité recettes-dépenses, on enregistre en principe les flux effectivement encaissés ou payés, pas la date de facturation.
    • Oublier de conserver les pièces justificatives numériques (paiements par carte, TWINT, e-banking).
    • Mélanger dépenses privées et professionnelles sur le même compte bancaire.
    • Négliger le suivi de la TVA si l'on est assujetti, même en comptabilité simplifiée.

    TVA et comptabilité simplifiée : ce qui change

    La comptabilité recettes-dépenses ne dispense pas des obligations TVA. Dès que le chiffre d'affaires annuel atteint 100 000 CHF, l'assujettissement à la TVA devient obligatoire, et il faut alors suivre précisément les encaissements soumis aux différents taux. Pour un rappel détaillé des règles de seuil et d'inscription, consultez notre article sur l'assujettissement à la TVA en Suisse.

    Taux TVA 2026Application
    8.1 %Taux normal (majorité des biens et services)
    2.6 %Taux réduit (alimentation, livres, médicaments)
    3.8 %Taux spécial hébergement (hôtellerie, parahôtellerie)

    Même en comptabilité simplifiée, il est recommandé de créer une colonne dédiée à la TVA collectée et à la TVA déductible dans son journal, afin de faciliter le décompte périodique auprès de l'Administration fédérale des contributions.

    Comptabilité simplifiée ou comptabilité complète : comment choisir ?

    Certains indépendants, même sous le seuil des 500 000 CHF, préfèrent volontairement adopter une comptabilité commerciale complète. Voici les principaux critères de décision :

    • Croissance prévue : si le chiffre d'affaires approche 500 000 CHF, anticiper la transition évite un changement de méthode en cours d'exercice.
    • Recherche de financement : banques et investisseurs demandent souvent un bilan structuré.
    • Analyse de gestion : la comptabilité complète offre une vision plus fine par centre de coûts, utile dès que l'activité se diversifie.
    • Passage en société : la création d'une Sàrl ou SA impose de toute façon la partie double.

    Dans tous les cas, structurer ses comptes selon une logique proche du plan comptable suisse PME facilite grandement une éventuelle transition future, même en mode simplifié.

    S'équiper pour gagner du temps

    Tenir un carnet du lait à la main ou sur un tableur reste possible, mais devient vite chronophage et source d'erreurs dès que le volume de factures augmente. Un logiciel de comptabilité suisse adapté aux petites structures permet d'automatiser l'enregistrement des recettes et dépenses, de générer des factures conformes et de préparer les documents pour le fiscal ou l'organe de révision.

    C'est précisément la logique de MyBills : la plateforme permet aux indépendants et petites PME genevoises de centraliser facturation, encaissements et dépenses dans un seul outil, avec un suivi de trésorerie clair, sans avoir à maîtriser les subtilités de la partie double. Combiné à un générateur de facture QR pour émettre des factures conformes aux standards suisses, l'ensemble simplifie aussi bien la facturation que le suivi comptable au quotidien — un vrai gain de temps pour qui souhaite automatiser sa facturation sans complexité inutile.

    Conclusion : simple ne veut pas dire approximatif

    La comptabilité recettes-dépenses est une réelle opportunité pour les indépendants et petites entreprises suisses : moins de formalisme, mais toujours autant de rigueur exigée sur les justificatifs, la TVA et la conservation des documents. Bien tenue, elle suffit largement à satisfaire le fisc genevois et à piloter son activité sereinement. Si votre chiffre d'affaires progresse ou que votre structure juridique évolue, gardez un œil sur le seuil des 500 000 CHF pour anticiper le passage à la comptabilité complète. En attendant, équipez-vous d'un outil adapté : testez dès aujourd'hui MyBills pour simplifier votre facturation et votre suivi comptable, sans complexité superflue.

    #comptabilité simplifiée#indépendants#PME#Genève#TVA

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    Questions fréquentes

    Ce qu’il faut retenir

    Qui peut tenir une comptabilité recettes-dépenses en Suisse ?

    Les raisons individuelles et sociétés de personnes dont le chiffre d'affaires annuel est inférieur à 500'000 CHF peuvent utiliser cette méthode simplifiée. Les Sàrl et SA doivent en revanche toujours tenir une comptabilité commerciale complète, quel que soit leur chiffre d'affaires.

    Faut-il quand même conserver les pièces justificatives en comptabilité simplifiée ?

    Oui, absolument. Chaque recette et dépense doit être appuyée par une pièce justificative, et l'ensemble des documents comptables doit être conservé pendant 10 ans, comme pour une comptabilité commerciale complète.

    La comptabilité simplifiée dispense-t-elle de la TVA ?

    Non. Dès que le chiffre d'affaires annuel atteint 100'000 CHF, l'assujettissement à la TVA est obligatoire, indépendamment de la méthode comptable utilisée. Il faut alors suivre précisément la TVA collectée et déductible.

    Qu'est-ce que le carnet du lait en comptabilité ?

    C'est une expression traditionnelle désignant un registre simple où l'on note chronologiquement les recettes et les dépenses, sans écritures en partie double. Elle illustre bien le principe de la comptabilité simplifiée actuelle.

    Quand faut-il passer à la comptabilité complète ?

    Il est recommandé d'anticiper ce passage lorsque le chiffre d'affaires approche 500'000 CHF, en cas de recherche de financement bancaire, ou lors de la transformation de l'entreprise en Sàrl ou SA, qui impose légalement la partie double.