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    Capital social Sàrl/SA : comment bien le libérer à Genève

    Versement, compte de consignation, libération partielle ou totale : tout ce qu'il faut savoir pour bien gérer le capital social de votre Sàrl ou SA.

    Équipe MyBills8 min de lectureGenève, Suisse

    Avant même d'émettre votre première facture, votre société doit franchir une étape administrative incontournable : le versement et la libération du capital social Sàrl SA. Ce mécanisme, encadré strictement par le Code des obligations, conditionne l'inscription au registre du commerce et donc l'existence légale de votre entreprise. À Genève, où les délais du registre du commerce sont scrutés de près par les entrepreneurs impatients, comprendre précisément comment fonctionne la libération du capital évite bien des allers-retours inutiles avec la banque et le notaire.

    Capital social : de quoi parle-t-on exactement ?

    Le capital social est la somme que les fondateurs apportent à la société lors de sa création, en échange de parts sociales (Sàrl) ou d'actions (SA). Il constitue la garantie minimale offerte aux créanciers, puisque les associés et actionnaires ne sont en principe pas responsables au-delà de leurs apports.

    Les montants minimaux diffèrent selon la forme juridique :

    Forme juridiqueCapital minimumLibération exigée
    Sàrl20 000 CHF100 % (intégrale)
    SA100 000 CHFAu moins 50 000 CHF ou 20 % du capital-actions (le plus élevé des deux)

    Pour la Sàrl, la règle est simple : pas de libération partielle possible, le capital doit être versé intégralement avant l'inscription au registre du commerce. Pour la SA, la loi laisse davantage de flexibilité, ce qui explique pourquoi certains porteurs de projets ambitieux préfèrent cette forme dès le départ. Si vous hésitez encore entre les deux structures, notre article sur le choix entre Sàrl et SA à Genève détaille les critères de décision.

    Le compte de consignation : la pièce centrale du dispositif

    Pourquoi passer par un compte bloqué

    Le compte de consignation est un compte bancaire spécial, ouvert au nom de la société « en fondation », sur lequel les fondateurs versent le capital avant même que l'entreprise n'existe juridiquement. La banque bloque ces fonds : personne ne peut les retirer avant l'inscription définitive au registre du commerce.

    Ce mécanisme protège les tiers : il garantit que le capital annoncé dans les statuts a réellement été versé, et pas seulement promis sur papier. Le notaire qui authentifie l'acte de fondation exige une attestation bancaire confirmant ce blocage.

    Comment ouvrir un compte de consignation à Genève

    La procédure suit généralement ces étapes :

    • Choix d'une banque acceptant l'ouverture de comptes de consignation (la plupart des banques cantonales et grandes banques suisses le proposent, mais les délais et frais varient sensiblement) ;
    • Présentation du projet de statuts, de l'identité des fondateurs et d'un justificatif de domicile ou de siège ;
    • Vérifications de conformité (LBA) : origine des fonds, identification des ayants droit économiques ;
    • Virement du montant du capital sur le compte bloqué ;
    • Remise de l'attestation de blocage, document indispensable pour le notaire.

    Le choix de l'établissement bancaire n'est pas neutre : certaines banques traitent ces dossiers en 48 heures, d'autres prennent plusieurs semaines. Notre guide pour bien choisir sa banque professionnelle en Suisse compare les critères à examiner avant de se lancer.

    Libération intégrale ou partielle : ce que dit la loi

    Le cas de la Sàrl

    Pour une Sàrl, aucune ambiguïté : les 20 000 CHF doivent être intégralement libérés en espèces ou en nature avant le dépôt de la demande d'inscription. Il est impossible de ne verser qu'une partie et de compléter plus tard, contrairement à ce qui existait historiquement pour certaines sociétés étrangères. Le budget complet à prévoir pour une création genevoise, capital compris, est détaillé dans notre article sur le coût réel de création d'une Sàrl à Genève.

    Le cas de la SA

    La SA offre plus de souplesse :

    • Capital-actions minimum : 100 000 CHF ;
    • Libération minimale exigée : 50 000 CHF, ou 20 % du capital si celui-ci dépasse 250 000 CHF (le montant le plus élevé prévaut) ;
    • Le solde non libéré reste une dette des actionnaires envers la société, exigible sur décision du conseil d'administration.

    Cette flexibilité permet de démarrer avec un capital-actions élevé (utile pour la crédibilité commerciale ou pour lever des fonds) sans mobiliser immédiatement toute la trésorerie des fondateurs. Les modalités précises de constitution du capital-actions sont expliquées dans notre article dédié à la création d'une SA en Suisse.

    Apports en nature

    Le capital peut aussi être libéré par apport en nature (matériel, immeuble, fonds de commerce, créances) plutôt qu'en espèces. Cette option exige un rapport de fondation détaillé et, souvent, une vérification par un réviseur agréé, ce qui alourdit sensiblement la procédure. Pour la majorité des créations PME à Genève, le versement en cash reste la voie la plus rapide.

    Ce qui se passe après l'inscription au registre du commerce

    Débloquer les fonds

    Une fois la société inscrite, l'extrait du registre du commerce est transmis à la banque, qui transforme le compte de consignation en compte d'exploitation ordinaire. Les fonds deviennent alors disponibles pour :

    • Payer les frais de constitution (notaire, registre du commerce, publication) ;
    • Financer les premiers achats de matériel ou de stock ;
    • Couvrir le loyer, les assurances et les premières charges sociales.

    C'est le moment de mettre en place vos outils de gestion : un logiciel de comptabilité suisse dès le premier jour d'activité vous évite de reconstituer des mois de justificatifs plus tard, et un logiciel de facturation suisse comme MyBills permet d'émettre vos premières factures conformes, avec QR-facture, dès l'obtention du numéro IDE.

    Le capital n'est pas de la trésorerie « libre »

    Erreur fréquente chez les jeunes entrepreneurs : penser que le capital social peut être dépensé sans contrainte comptable. En réalité, il figure au passif du bilan comme fonds propres. Toute utilisation doit être justifiée par des dépenses réelles de la société, sous peine de créer une situation de surendettement apparent si les capitaux propres tombent sous un seuil critique.

    Conséquences en cas de sous-libération ou de perte de capital

    Le risque de surendettement

    Si les pertes accumulées rongent plus de la moitié du capital social et des réserves légales, le conseil d'administration ou les gérants doivent convoquer une assemblée générale et proposer des mesures d'assainissement. En cas de surendettement avéré (fonds propres négatifs), l'avis au juge devient obligatoire, sauf report autorisé sous conditions strictes.

    Le rôle de l'assemblée générale

    Ces décisions financières importantes sont normalement validées lors de l'assemblée générale annuelle, dont les obligations sont rappelées dans notre article sur l'AG annuelle des Sàrl et SA. C'est aussi l'occasion de documenter formellement l'état du capital libéré dans les comptes annuels.

    Bonnes pratiques pour une libération sans accroc

    Quelques réflexes simples permettent d'éviter les blocages les plus courants :

    • Anticiper l'ouverture du compte de consignation : ne pas attendre la signature des statuts pour contacter la banque ;
    • Vérifier que le montant transféré correspond exactement au capital prévu dans le projet de statuts, au centime ;
    • Conserver précieusement l'attestation bancaire de blocage, exigée par le notaire ;
    • Prévoir un délai tampon de 2 à 4 semaines entre le versement et l'inscription définitive, notamment en période de forte affluence au registre du commerce genevois ;
    • Documenter tout apport en nature avec factures d'achat ou expertises, pour éviter les contestations ultérieures.

    Une fois la société active, gardez à l'esprit que les pièces justificatives liées à la constitution — attestation de blocage, statuts, acte notarié — doivent être conservées pendant 10 ans, comme l'ensemble de vos documents comptables.

    Conclusion : sécurisez votre capital dès la création

    Le versement et la libération du capital ne sont pas de simples formalités bancaires : ils structurent la solidité financière de votre société dès son premier jour d'existence. Sàrl ou SA, compte de consignation, apport en espèces ou en nature — chaque choix a des conséquences sur votre trésorerie de démarrage et sur votre crédibilité auprès des partenaires. Prenez le temps de bien préparer ce versement du capital lors de la création, avec l'appui d'un notaire et d'une banque habitués aux dossiers genevois. Et pour démarrer votre activité du bon pied dès l'inscription au registre du commerce, équipez-vous d'un outil comme MyBills, pensé pour la facturation et la comptabilité des PME et indépendants suisses. </content_md> ["capital social Sàrl SA", "libération du capital", "compte de consignation", "versement capital création", "capital-actions SA", "capital social minimum Suisse", "ouverture compte consignation Genève"]

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    Questions fréquentes

    Ce qu’il faut retenir

    Quel est le montant minimum de capital social pour une Sàrl et une SA ?

    La Sàrl exige un capital social minimum de 20 000 CHF, entièrement libéré. La SA exige un capital-actions minimum de 100 000 CHF, dont au moins 50 000 CHF ou 20 % (le montant le plus élevé) doit être libéré à la création.

    Qu'est-ce qu'un compte de consignation exactement ?

    C'est un compte bancaire bloqué, ouvert au nom de la société en fondation, sur lequel les fondateurs versent le capital social. Les fonds restent gelés jusqu'à l'inscription de la société au registre du commerce.

    Peut-on libérer le capital d'une Sàrl en plusieurs fois ?

    Non, contrairement à la SA, la Sàrl doit obligatoirement libérer l'intégralité de son capital social avant l'inscription au registre du commerce. Aucune libération partielle n'est admise.

    Que se passe-t-il avec les fonds du compte de consignation après l'inscription ?

    Une fois l'extrait du registre du commerce transmis à la banque, le compte de consignation est transformé en compte d'exploitation ordinaire et les fonds deviennent disponibles pour financer l'activité de la société.

    Peut-on apporter le capital social en nature plutôt qu'en espèces ?

    Oui, un apport en nature (matériel, immeuble, créances) est possible, mais il exige un rapport de fondation détaillé et souvent une vérification par un réviseur agréé, ce qui rallonge la procédure de création.