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    Commandement de payer en Suisse : comment ça marche et combien ça coûte

    Recevoir ou envoyer un commandement de payer soulève toujours des questions. Voici comment ça fonctionne réellement et ce que ça coûte en 2026.

    Équipe MyBills8 min de lectureGenève, Suisse

    Le commandement de payer est souvent perçu comme une étape effrayante, tant pour celui qui le reçoit que pour celui qui doit le déclencher. Pourtant, c'est un outil juridique parfaitement encadré par la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite (LP), accessible à toute entreprise ou tout indépendant genevois confronté à un client mauvais payeur. Comprendre son fonctionnement, sa notification et son coût réel permet d'agir sereinement, que vous soyez créancier ou débiteur.

    Qu'est-ce qu'un commandement de payer exactement ?

    Le commandement de payer est le tout premier acte officiel d'une poursuite en Suisse. Il est établi par l'office des poursuites compétent, sur la base d'une réquisition de poursuite déposée par le créancier. Ce document ne constitue pas encore un jugement : il s'agit d'une sommation formelle de payer une dette, assortie d'un délai pour réagir.

    Concrètement, le commandement de payer mentionne :

    • l'identité du créancier et du débiteur ;
    • le montant réclamé, en principal et en intérêts ;
    • la cause de l'obligation (par exemple une facture impayée, un contrat de bail, un prêt) ;
    • le numéro de poursuite attribué par l'office ;
    • le délai de 10 jours pour former opposition.

    À Genève, c'est l'Office des poursuites du canton qui traite toutes les réquisitions, quel que soit le montant en jeu. Ce document fait suite, en général, à plusieurs tentatives de recouvrement amiable restées sans succès — d'où l'intérêt de bien construire sa stratégie de relance en amont, comme expliqué dans notre article sur le choix entre recouvrement amiable ou poursuite.

    La notification : comment le débiteur reçoit-il l'acte ?

    Qui notifie et comment ?

    La notification du commandement de payer est assurée exclusivement par l'office des poursuites, jamais par le créancier lui-même. Un huissier ou un porteur assermenté remet l'acte en mains propres au débiteur, à son représentant, ou à une personne adulte de son ménage. Si personne n'est trouvé, un avis de retrait est déposé et le document peut être retiré au guichet de l'office.

    Pourquoi la date de notification est-elle cruciale ?

    La date de notification déclenche le délai légal de 10 jours pour faire opposition. Une erreur de notification (mauvaise adresse, remise à un tiers non habilité) peut être contestée et entraîner l'annulation de la poursuite. C'est pourquoi il est essentiel, côté créancier, de vérifier l'adresse exacte du débiteur avant de déposer la réquisition — une adresse professionnelle à jour, cohérente avec celle figurant sur les factures émises via un logiciel de facturation suisse, évite bien des blocages procéduraux.

    Combien coûte un commandement de payer en 2026 ?

    Le coût dépend du montant de la créance réclamée. Les émoluments sont fixés par l'Ordonnance sur les émoluments perçus en application de la LP (OELP) et sont identiques dans toute la Suisse, y compris à Genève.

    Montant de la créanceÉmolument approximatif de l'office
    Jusqu'à 100 CHFdès 10 CHF
    De 100 à 1 000 CHFenv. 20 à 30 CHF
    De 1 000 à 10 000 CHFenv. 40 à 60 CHF
    De 10 000 à 100 000 CHFenv. 80 à 150 CHF
    Plus de 100 000 CHFproportionnel, plafonné

    À ces frais s'ajoutent, le cas échéant, les frais de notification et les frais de continuation de la poursuite si celle-ci va plus loin (saisie ou faillite). En pratique, pour une facture impayée de quelques milliers de francs, le coût total d'un commandement de payer reste modeste — souvent entre 30 et 100 CHF — mais ces frais sont avancés par le créancier et ne sont récupérés qu'en cas de succès de la procédure.

    Il est donc important d'intégrer ce paramètre dans votre décision : lancer une poursuite a un coût financier et un coût en temps, à mettre en balance avec le montant de la créance et les chances réelles de recouvrement.

    Faire opposition : les droits du débiteur

    Le délai de 10 jours

    Dès réception du commandement de payer, le débiteur dispose de 10 jours pour faire opposition. Cette opposition peut être totale ou partielle, et elle n'a pas besoin d'être motivée à ce stade : il suffit de cocher la case prévue sur l'acte ou d'adresser une déclaration écrite à l'office des poursuites.

    Conséquences de l'opposition

    Faire opposition bloque immédiatement la procédure de poursuite. Le créancier devra alors, s'il souhaite continuer, obtenir la mainlevée de l'opposition auprès du tribunal — une étape à part entière que nous détaillons dans notre guide sur l'opposition et la mainlevée dans une poursuite à Genève. Sans opposition dans le délai légal, la poursuite suit son cours et le créancier peut demander la continuation.

    Quelques points pratiques pour le débiteur :

    • l'opposition doit être formée dans les 10 jours dès notification, jour de la réception non compris ;
    • elle peut être partielle (contester une partie du montant seulement) ;
    • passé ce délai, une opposition tardive n'est possible que dans des cas très limités (empêchement non fautif) ;
    • il est recommandé de conserver une preuve de l'envoi de l'opposition (recommandé ou dépôt physique).

    Côté créancier : bien préparer sa réquisition de poursuite

    Pour que le commandement de payer produise ses effets et ne soit pas contesté à la légère, mieux vaut arriver avec un dossier solide : facture datée et détaillée, preuve de livraison ou de prestation, rappels envoyés, et éventuellement une reconnaissance de dette signée. Une comptabilité bien tenue, via un logiciel de comptabilité suisse, facilite grandement la reconstitution de l'historique de la créance en cas de contestation.

    Avant d'en arriver au commandement de payer, il est aussi utile d'avoir facturé des intérêts moratoires en cas de retard, comme le permet la pratique suisse au taux usuel de 5 % — un point que nous détaillons dans notre article sur les intérêts moratoires en cas de retard de paiement. Ces intérêts peuvent être intégrés au montant réclamé dans la réquisition de poursuite.

    Anticiper plutôt que subir

    La meilleure poursuite reste celle qu'on n'a jamais besoin d'engager. Des relances structurées, des conditions de paiement claires et une facturation professionnelle réduisent nettement le risque d'impayés. Des outils comme MyBills permettent de générer des factures conformes, d'automatiser les rappels et de suivre les échéances client, limitant ainsi le recours systématique à la voie judiciaire. Pour les indépendants notamment, la facturation pour indépendants intégrée à un tel outil aide à garder une trace fiable de chaque créance, un atout précieux si la situation dégénère jusqu'au commandement de payer.

    Que se passe-t-il après le commandement de payer ?

    Si le débiteur ne fait pas opposition, ou si l'opposition est levée par le juge, le créancier peut demander la continuation de la poursuite. Selon le statut du débiteur (personne physique ou morale, inscrite au registre du commerce ou non), la procédure se poursuivra par une saisie de biens/salaire ou par une procédure de faillite. Ces étapes ultérieures engendrent des frais et délais supplémentaires, qu'il convient d'anticiper dès le dépôt de la réquisition initiale.

    • Débiteur non inscrit au RC (particulier, certains indépendants) → poursuite par voie de saisie.
    • Débiteur inscrit au RC (société, certaines raisons individuelles) → poursuite par voie de faillite.

    Cette distinction est essentielle pour évaluer les chances réelles de récupération de la créance et pour décider s'il vaut mieux, dans certains cas, provisionner la créance douteuse plutôt que de multiplier les frais de procédure, comme évoqué dans notre article sur les créances douteuses et leur passage en perte.

    Conclusion : agir vite, agir juste

    Le commandement de payer n'est ni une formalité anodine ni une arme à utiliser à la légère : c'est une étape structurée du droit suisse, avec des coûts maîtrisés et des délais stricts, tant pour le créancier que pour le débiteur. Bien préparé, il reste un levier efficace pour récupérer une créance légitime. Mal engagé, il peut se solder par une opposition et des frais supplémentaires. La clé reste la prévention : une facturation rigoureuse, des relances bien menées et un suivi comptable fiable réduisent drastiquement le besoin d'y recourir. Avec MyBills, centralisez votre facturation, vos rappels et le suivi de vos créances pour agir avant qu'une situation ne dégénère — et si la poursuite devient nécessaire, vous partez avec un dossier solide.

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    Questions fréquentes

    Ce qu’il faut retenir

    Qui peut demander un commandement de payer ?

    Tout créancier titulaire d'une créance exigible peut déposer une réquisition de poursuite auprès de l'office des poursuites du domicile ou du siège du débiteur. Aucun jugement préalable n'est nécessaire pour cette première étape.

    Combien coûte réellement un commandement de payer ?

    Les émoluments sont fixés par l'OELP et varient selon le montant de la créance, typiquement entre 20 et 150 CHF pour la plupart des dossiers PME. Ces frais sont avancés par le créancier et récupérables en cas de succès de la poursuite.

    Que se passe-t-il si je ne fais pas opposition dans les 10 jours ?

    Passé ce délai, vous perdez le droit de bloquer la poursuite par une simple opposition. Le créancier peut alors demander la continuation de la procédure, qui aboutit à une saisie ou à une faillite selon votre statut.

    L'opposition doit-elle être motivée ?

    Non, une opposition formelle dans le délai de 10 jours n'a pas besoin d'être justifiée. Il suffit de cocher la case sur l'acte ou d'écrire à l'office des poursuites pour bloquer la procédure.

    Un commandement de payer figure-t-il au registre des poursuites même sans suite ?

    Oui, toute poursuite est inscrite dès son dépôt, même contestée par opposition. Elle peut apparaître dans un extrait du registre des poursuites pendant plusieurs années, ce qui justifie la prudence avant de lancer ou de laisser filer une procédure.